Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi « permis de tuer » pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive. Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l’AFD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s’organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l’organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
A Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche…) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
Pas de campagne et pas de congrès pour les racistes
Appel pour un cortège radical à la marche du 30 mai 2026
Révolutionnaires, depuis toujours
Les marches des fiertés LGBTI+ ne sont pas de simples défilés festifs. Elles naissent d’une histoire de violences, de répression et de résistances. Aux États-Unis, comme ailleurs en occident, les personnes LGBTI+ ont longtemps été ciblées, harcelées et violentées par la police dans les bars, les lieux de sociabilité et les espaces de rencontre. En juin 1969 à New York, lors de la descente de police au Stonewall Inn, des personnes présentes ont refusé de se soumettre et ont résisté. Cette riposte a déclenché plusieurs jours d’émeutes, devenues un symbole majeur de la lutte LGBTI+ aux États-Unis et bien au-delà. Les premières à s’opposer avec force ont été notamment des femmes trans racisées, des drag queens, de jeunes queers sans-abris et d’autres personnes marginalisées au sein même de nos communautés. Un an plus tard, le 28 juin 1970, a lieu la première marche pour commémorer cet événement et en faire un moment de revendications collectives et de visibilisation des luttes. Depuis, les Prides se sont diffusées dans de nombreux pays, pour la dignité des personnes transgenres, gouines, pédé, bisexuel.les, non-binaires, intersexes et toutes celles dont l’existence se refuse au cadre étroit et oppressif de l’hétéropatriarcat. Elles sont des espaces de joie, de visibilité et de célébration. Nous y affirmons le droit d’exister, d’aimer, de vivre sans peur, sans honte et sans discrimination mais aussi nos aspirations pour un monde plus juste. Aujourd’hui encore, les Prides sont – et doivent rester – à la fois festives et profondément politiques : elles célèbrent nos aîné.es qui ont refusé de se laisser humilier et ont transformé la colère en mouvement collectif. Elles rappellent que nos droits ont été conquis face à la répression policière et étatique.
Loin des paillettes, le bruit des bottes
Le capitalisme est en crise, les inégalités se creusent. La bourgeoisie se radicalise, elle alimente et utilise le racisme et le patriarcat pour détourner les travailleureuses de leurs intérêts. Dans ce système, les travailleureuses doivent produire et se reproduire, or les LGBTI+, de par leur existence, remettent en question le carcan hétéropatriarcal. Ainsi, la bourgeoisie assimile les LGBTI+ les plus aisés, (les bourgeois, les blancs, les hommes) et s’accommode des autres. Mais comme lorsqu’aujourd’hui elle doit renforcer son contrôle sur la classe prolétaire, alors elle n’hésite pas à réprimer tous les LGBTI+, en commençant par les plus précaires : les trans, les racisé·es, les handi·es, les prolétaires. En 2026, certains États mènent encore des opérations policières visant spécialement à réprimer la communauté LGBTI+ comme en Russie ou en Indonésie. Dans 64 États du monde, les communautés LGBTI+ sont directement réprimées par la loi, dans 12 d’entre eux, l’homosexualité est passible de peine de mort. Les partis et gouvernements d’extrême droite, ennemis historiques des LGBTI+, gagnent en puissance. Aux États-Unis, par exemple, les personnes trans sont particulièrement visées. Au Kansas, elles ont vu leur permis de conduire être désactivé par une loi transphobe, se retrouvant sans-papiers dans leur propre pays. Les personnes trans non-blanches sont ainsi encore plus exposées aux politiques racistes menées. La Cour suprême américaine s’est prononcée contre une loi interdisant les thérapies de conversion. Les programmes politiques de diversité, équité et inclusion (DEI) censés pallier des inégalités historiques ont été suspendus, les contenus LGBTI+ retirés des sites gouvernementaux, et des mesures encouragent désormais la délation des personnes se rendant coupables de « fausse identité de genre ». L’institut Lemkin parle même d’un risque de « génocide des personnes trans américaines ». En Europe, le premier ministre Hongrois Victor Orban a interdit la Pride. En Italie, les couples homosexuels ne peuvent ni adopter, ni recourir à la PMA, y compris lorsqu’elle est réalisée à l’étranger. Malgré toutes les attaques physiques, juridiques et idéologiques qu’elle mène contre nos communautés, la bourgeoisie a pourtant convaincu certains LGBTI+ par un discours homonationaliste, et islamophobe. En France, elle prétend que les ennemis des LGBTI+ seraient les personnes étrangères et en particulier les musulman·es. C’est cette même bourgeoisie qui refuse d’accueillir les LGBTI+ menacé·es de morts dans leur pays. Les droits LGBTI+ sont bien souvent instrumentalisés par les Etats impérialistes et colonialistes à l’instar d’Israël qui utilise l’image d’une Tel-Aviv prétendument LGBT-friendly depuis des années dans une opération de pinkwashing pour tenter de légitimer son action génocidaire en Palestine auprès des membres des communautés LGBTI+ du monde entier. Au Royaume-Uni, les femmes trans ont été récemment exclues de la définition légale du mot « femme » sous la pression de lobbies transphobes. En France, le Sénat a voté la loi Eustache-Briniot, loi transphobe visant à interdire les transitions aux mineur·es. En parallèle, la Haute Autorité de Santé a repoussé la publication de ses recommandations sur les transitions des mineur·es sous la pression des lobbies transphobes. Par ailleurs, des thérapies de conversion sont encore pratiquées et les associations qui accompagnent à la vie affective et sexuelle – notamment des personnes LGBTI+ -, sont frappées par des baisses de subventions. Dans le même temps, des structures réactionnaires comme Familya sont subventionnées par les collectivités publiques – comme c’est le cas ici, à Orléans. Les agressions LGBTIphobes se multiplient, parfois sous forme de guet-apens via les applications de rencontre LGBTI+, et parfois directement dans l’espace public. Les groupes d’extrême droite attaquent également les locaux des organisations LGBTI+ comme récemment à Lille, au Mans, ou encore à Maubeuge. Concernant ces attaques, il n’y a évidemment rien à attendre de la police, qui restera toujours dans son rôle de défense des intérêts de la bourgeoisie, bien qu’elle tente de paraître parmi les communautés LGBTI+ dans une répugnante tentative de pinkwashing (à la Pride de Paris par exemple). L’institution policière perpétue les discriminations contre nos communautés et les LGBTIphobies sont toujours bien présentes en son sein. Ces attaques contre les personnes LGBTI+ s’inscrivent dans une stratégie impérialiste. La bourgeoisie renforce le contrôle des corps et militarise la société en ciblant d’abord les plus précaires. Elle s’est attaquée aux travailleuses du sexe (TDS) par les lois de 2016 contre le proxénétisme qui criminalisent le soutien matériel aux TDS et leur auto-organisation, lois racistes qui touchent tout particulièrement les TDS étrangères. Elle s’attaque aux migrant·es en réduisant l’Aide Médicale d’État en 2019, et en recourant massivement à l’enfermement arbitraire des migrant·es dans les CRA comme celui d’Olivet à La Source. Elle met en place « l’aide à mourir » pour les personnes qu’elle juge improductives : les handicapé·es et les psychiatrisé·es, comme au Canada ou en Belgique où le suicide assisté se substitue à un système de santé digne. Être LGBTI+ est un facteur de précarité : c’est risquer de perdre son logement, son travail, son cercle social. Transitionner c’est aussi des dépenses médicales mal remboursées et une errance médicale. S’attaquer au RSA, à l’AAH, à la Sécurité Sociale, aux salaires, aux conditions de travail, s’attaquer aux travailleureuses c’est aussi s’attaquer aux LGBTI+.
Luttons au-delà de l’égalité
Aujourd’hui nous souhaitons continuer à honorer notre histoire et faire face à ceux qui menacent ou manipulent nos existences. Nous ne demandons pas une égalité théorique. Nos luttes sont des luttes contre le contrôle des corps, contre les normes qui nous assignent, nous disciplinent, nous isolent et nous rendent plus vulnérables. Elles prennent ainsi tout leur sens en se liant aux luttes antiracistes, anti-impérialistes, anticapitalistes et antifascistes. Les violences qui frappent les personnes LGBTI+ ne sont jamais isolées : elles s’inscrivent dans des systèmes plus larges de domination. C’est pourquoi nos revendications sont claires :
Nous exigeons que cessent les politiques de contrôle des corps et des sexualités
Nous combattons celleux qui souhaitent que nous vivions caché·es et dans la peur et luttons contre les violences LGBTIphobies physiques, morales et systémiques.
Nous exigeons des conditions matérielles d’existence dignes pour toustes, en particulier celleux d’entre nous qui subissent des oppressions multiples.
Nous rappelons que l’institution policière est une source de violences et de répression pour les personnes LGBTI+, racisé·es et précaires.
Nous refusons l’homonationalisme, le pinkwashing et toutes les formes d’instrumentalisation de nos existences par des pouvoirs impérialistes et coloniaux qui, sous couvert de nous défendre, renforcent en réalité le racisme, le nationalisme, le capitalisme et l’ordre patriarcal.
Nous affirmons notre opposition à la militarisation de la société qui poussent à transformer nos utérus en usines à bébés et nos enfants en chair à canon.
Nous luttons contre les violences enfantistes et la domination adultiste. Spécifiquement, nous défendons les droits des enfant·es LGBTI+ et en particulier trans et intersexes. Nous dénonçons la mainmise du corps médical, des parents et des adultes en général sur le corps des enfant·es.
Nous luttons pour des transitions libres et gratuites pour toustes à tout âge, sans juge ni psychiatre.
Nous luttons pour le tout-Sécu dans un système de soin par et pour les patients, où le corps médical n’est plus une autorité de contrôle du corps des patients.
Nous luttons pour une revalorisation de l’AAH, du RSA, de l’allocation chômage et du SMIC.
Nous luttons contre l’hétéropatriarcat qui ne sert que les intérêts capitalistes et impérialistes en nous imposant une hiérarchisation sociale des sexes et une vision productiviste de la sexualité.
Dans un contexte de fascisation et de militarisation, il ne suffit pas d’afficher une fierté abstraite : il faut faire du bruit, revendiquer, s’organiser et lutter. La Pride est politique parce que nos vies le sont.
Photo du blason de Gilles de Rais installé dans la cathédrale d’Orléans lors des fêtes de Jeanne d’Arc
Nous avons récemment été avertis que le blason de Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’arc condamné notamment pour avoir assassiné et violé des enfants, figurait toujours dans la cathédrale d’Orléans.
Nous nous sommes rendus sur place et en effet un hommage lui est rendu puisque son blason accompagné de son nom y figure toujours en très grande taille entourés de 9 drapeaux à ses couleurs.
Si Gilles de Rais est connu pour être un compagnon de Jeanne d’Arc ayant participé à la libération du siège d’Orléans, les personnes qui se sont chargées de rechercher les blasons et d’installer cet hommage ne peuvent ignorer les accusations et les condamnations pour viols et meurtres d’enfants dont Gilles de Rais fait l’objet.
En effet avec une rapide recherche internet sur Gilles de Rais on trouve qu’en octobre 1440, il est jugé par le tribunal inquisitorial pour les meurtres de « cent quarante enfants, ou plus ». Les juges séculiers du duc de Bretagne le condamnent à la pendaison et au bûcher pour son coup de force perpétré à Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre.
Le 26 octobre 1440, il monte à l’échafaud avec deux de ses serviteurs coupables d’assassinats.
Depuis le XXème siècle quelques personnes avancent la thèse de l’innocence de Gilles de Rais, cette thèse est qualifiée de complotiste par plusieurs historiens, dans leur majorité les historiens ne remettent pas en cause la culpabilité de Gilles de Rais.
Alors que fait le blason d’un meurtrier pédocriminel au milieu de la cathédrale d’Orléans à la droite du Christ ?
Est-ce un exemple à suivre selon l’église ?
Cet hommage choquant nous rappelle évidemment les traitements lamentables des violences sexistes et sexuelles au sein de l’Eglise et ces 3 exemples médiatisés récents :
– Dissimulation des agressions sexuelles et des viols de l’abbé Pierre sur des femmes et des mineurs alors que le Vatican savait depuis 1955.
– Promotion d’un prêtre condamné pour viol par l’archevêque de Toulouse (une décision depuis dénoncée par les évêques de France)
– Affaire Bétharram qui a révélé des agressions sexuelles et châtiments corporels au sein d’un établissement catholique « on savait des choses et on les cachait, mais pas que dans l’Église » a déclaré l’évêque de Bayonne
On peut se réjouir de la création d’une cellule « Ecoute et blessures » chargée de recueillir les témoignages de violences sexuelles commises par des responsables de l’Eglise au sein du diocèse d’Orléans.
Mais comment expliquer que malgré la création de cette cellule il y a 10 ans un pédocriminel et meurtrier avec des dizaines de victimes soit encore mis en avant dans la cathédrale, le principal édifice religieux du diocèse ?
Comment les victimes actuelles d’actes pédocriminels commis au sein de l’Église peuvent-elles libérer leurs paroles lorsque l’institution continue de commémorer le souvenir d’un violeur d’enfants ?
Dans le cas de Gilles de Rais tout le monde sait depuis 1440, alors combien de siècles encore avant que l’Église décide de ne plus lui rendre hommage ?
Ce samedi 31 janvier 2026 avait lieu à Orléans un rassemblement de soutien aux policiers, une déclinaison d’un appel national organisé par le syndicat policier d’extrême droite Alliance.
Nous n’avons pas été surpris d’y voir des tracteurs de la Coordination Rurale, un autre syndicat d’extrême droite, ni d’y trouver les fémonationalistes de Némésis ainsi que Tiffanie Rabault, la candidate du RN aux municipales.
Tous ces groupes partagent une même idéologie d’extrême droite.
Ce qui est plus inquiétant, c’est la présence de Baptiste Chapuis, candidat PS aux municipales qui prétend diriger une liste d’union de la gauche.
Baptiste Chapuis (au milieu avec son écharpe d’élu) dans la manifestation Alliance. Photo France Bleu
Ce candidat choisit donc de s’afficher avec son écharpe d’élu aux côtés des policiers, quelques jours après la mort de El Hacen Diarra dans un commissariat à Paris. Ce candidat marche à leur côté alors que de nombreuses vidéos documentent régulièrement des violences policières systémiques.
Le syndicat Alliance qu’il choisit de soutenir en participant à leur mobilisation est clairement marqué à l’extrême droite, rappelons rapidement quelques-unes des déclarations de leurs porte-paroles :
– « La sécurité des policiers va au-delà de la liberté de la presse »
– « Le problème de la police, c’est la justice »
– « Marre des raclures, des nuisibles, des jeunes d’origine étrangère »
– dans un communiqué commun avec l’UNSA suite à l’assassinat de Nahel Merzouk, ils se disent « en guerre » contre des « nuisibles »
Le maire actuel d’Orléans a déjà fait de la ville un laboratoire sécuritaire avec une police municipale et nationale omniprésente, Orléans est aussi dans le haut du classement des villes les plus vidéosurveillées de France.
Bruno Retailleau a été invité l’année dernière à Orléans par Serge Grouard qui lui a fait passer en revue les effectifs policiers bien fournis de la ville. Photo France Bleu
Mais alors pourquoi ce candidat était-il présent à un rassemblement réclamant plus de moyens alors même qu’à Orléans on voit passer des voitures de polices toutes neuves à longueur de journée ?
La réponse se trouve sans doute dans l’émission du 28 octobre 2025 de l’émission « à bâtons rompus » sur Radio Campus Orléans.
Baptiste Chapuis y déclarait déjà que « il n’y a pas assez de policiers nationaux aujourd’hui ». Il nous resservait le mythe de la nécessité d’une police municipale de proximité et se déclarait opposé à désarmer la police ou à retirer des caméras de vidéosurveillance.
Face à la police ne croyons pas que la gauche sera notre alliée, le PS refuse régulièrement d’employer les termes de « violences policières » et déclarait en 2023 « ne pas croire à l’existence d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre ».
Quand il était au gouvernement, le PS n’a pas hésité lui aussi à réprimer violemment les mouvements sociaux, ce qui a d’ailleurs provoqué la mort du militant écologiste Rémi Fraisse.
L’institution policière n’est là que pour réprimer les contestations et maintenir les structures de domination. Pour se faire elle n’hésite pas à commettre des violences et même à tuer.
Ce que nous devons viser ce n’est ni une augmentation des effectifs, ni une police de proximité. Ce que nous demandons c’est l’abolition totale de la police.
Le rassemblement d’extrême droite vu depuis l’entrée de la salle Eiffel
Nous voulions revenir rapidement sur les oppositions au meeting de Raphaël Arnault et Elsa Marcel, qui s’est tenu le 19 novembre à la salle Eiffel.
Plusieurs groupes d’extrême droite ont exprimé leur opposition à ce meeting antifasciste et antiraciste organisé par Le Poing Levé et Urgence Palestine.
Tout d’abord, c’est le nouveau groupe « la relève » qui a lancé les hostilités avec une pétition contre l’évènement.
Ce collectif de jeunes que nous avons présenté dans notre dernière publication milite pour l’union de la droite et de l’extrême droite en vue des prochaines élections municipales en complicité avec l’équipe municipale en place. Ils ne se sont cependant pas rendus sur place pour manifester.
Sur place, le soir de l’évènement, c’est un groupe de huit hommes menés par le néonazi Orléanais Christopher Del Frate, déjà condamné pour violences contre des journalistes, qui a tenté de venir intimider les personnes venues assister à l’évènement. Le groupe s’est d’abord placé juste à côté des autres manifestants. Les effectifs de ce groupe pourraient avoir été gonflés par des groupuscules racistes d’autres villes.
Le groupuscule fémonationaliste Némésis s’est, lui aussi, exprimé contre la tenue du meeting. Trois de ses militantes sont entrées dans la salle avant d’être repérées et évacuées par des femmes du service d’ordre de l’évènement, faisant échouer leur « happening ».
Il est à noter que celles-ci n’étaient que 4 au total malgré le renfort de militantes venues visiblement de Blois et Tours. L’une d’entre elle avait d’ailleurs donné une interview au média Frontières alors même que le patron de ce média, Erik Tegner, est visé par une plainte pour agression sexuelle et violences. La même militante nie la présence devant la salle du groupe de néonazis que nous avons mis en photo et vidéo précédemment.
Au côté de Némésis dans la manifestation d’extrême droite, on a pu voir une dizaine de vieux militants de reconquête, un mouvement politique en déclin qui tente de continuer à exister malgré ses échecs. Ceux-ci prétendaient s’opposer à l’antisémitisme, on peut légitimement douter de leur préoccupation réelle pour ce sujet quand on connaît les déclarations de Zemmour sur Pétain.
D’autant plus qu’on sait que Christopher Del Frate le néonazi présent dans la même rue avec ses copains, a plusieurs fois assuré le service d’ordre de leurs évènements malgré sa fascination pour Hitler et le nazisme. Reconquête attaquait d’ailleurs dans son communiqué « le parti de l’étranger » une expression qui a une histoire antisémite.
Un même dénominateur commun réunissait ces 5 groupes dans leur opposition à la conférence : la lutte contre les idées antifascistes, rien d’étonnant de la part de fascistes plus ou moins assumés.
Malgré tous leurs communiqués, ces 5 organisations d’extrême droite n’auront même pas réussi à mobiliser plus de 30 personnes. La conférence a pu se tenir sans problème grâce à la vigilance du service d’ordre et des militant-es antifascistes.
Depuis le mois de Mai un nouveau groupe « de droite » à fait son apparition sur les réseaux sociaux à Orléans : la Relève.
Nous avons analysé pour vous le compte Instagram du groupe et de ses animateur-ices qui semblent toutes et tous appartenir à la bourgeoisie orléanaise au vu de leurs storys entre restaurants chics, belles voitures et petit pull sur les épaules.
Le compte du groupe lui est un mix entre un reportage de Stéphane Bern et un meeting du Rassemblement National. Les mêmes monuments historiques d’Orléans sont filmés en boucle sur chaque vidéo pendant que les militants déblatèrent leur discours identitaire.
« Orléans est en danger […] Orléans est en proie à une jeunesse de gauche » ce sont les premiers mots de Elvin Anthony Dauloir sur la vidéo de présentation du groupe. Le jeune homme, soutien de Bruno Retailleau, semble comme lui vouloir à tout prix faire barrage à la gauche quitte à faire alliance avec l’extrême droite, loin des positions supposées « républicaines » de son parti.
Sur d’autres vidéos du groupe c’est la jeune Clairvie Quesne, ancienne figurante de Jeanne d’Arc qui sert de porte-parole au groupe. Celle-ci affirme vouloir défendre la France, son histoire et ses racines, une rhétorique d’extrême droite très proche de celle des nombreux groupuscules racistes qui gangrènent la France.
On ne sera donc pas très étonné en constatant sur le profil Instagram de Clairvie que celle-ci pose avec des présentateurs de CNews, avec Jordan Bardella, ou encore avec une militante du collectif Némésis qui la présente comme une future recrue. Clairvie a d’ailleurs fait des stages chez Le Journal du Dimanche et Valeurs actuelles, deux journaux d’extrême droite.
Les abonnements Instagram du groupe ne laissent pas non plus de doute quant à son ancrage à l’extrême droite :
– l’UNI, un syndicat étudiant de droite impliqué dans plusieurs affaires d’antisémitismes et de saluts nazis ces dernières années
– SOS Calvaires une association de restauration des croix catholiques en lien avec des catholiques intégristes et des néonazis
– Plusieurs militants et représentants RN du Loiret
– Alexandre Avril chouchou de Pierre-Edouard Stérin qui entretient des liens avec l’extrême droite la plus radicale
– Le cercle Philippe De Villiers qui promeut les idées de ce soutien de Zemmour et créateur du Puy du Fou
– l’abbé Matthieu Raffray un prêtre influenceur catholique intégriste qui appelle à la croisade
– Rodolphe Cart un proche du GUD qui avait été invité par un groupe néonazi à Orléans
Le récent évènement politique organisé par la Relève est une preuve supplémentaire que le “cordon sanitaire républicain” ne tient plus. Étaient invités :
– Emmanuelle Brisson présidente de « vivement demain » candidate aux élections législatives de 2024 et jeune LR à l’origine d’une polémique islamophobe à strasbourg
– Marceau Trouvé Ex-Président de l’association Orléoquence proche des notables locaux mais aussi des jeunes du RN, de Génération Zemmour et des Patriotes
– Grégoire Houdan Responsable RN en Seine-Maritime
– Baptiste Rescovars auteur du livre « Les Enracinés pour un retour de l’enracinement aristocratique »
– Hugo lemaitre conseiller municipal à semoy et encarté renaissance
Ce spectre d’invités politiques allant du macronisme au RN en dit long sur l’acceptation des idées d’extrême droite au sein de la droite et du « centre » et sur la radicalisation de la bourgeoisie orléanaise.
Certains membres du conseil municipal d’Orléans sont abonnés à ce groupe. Le très droitier maire d’Orléans Serge Grouard a déjà accepté de les rencontrer par deux fois, déclarant même qu’il y avait pris “beaucoup de plaisir”. On imagine bien que voir un groupe de jeunes organiser l’union des droites et extrêmes droites ne peut que plaire à cet ancien LR habitué des plateaux de CNews et auteur d’une « lettre aux musulmans » islamophobe.
Il serait temps que les orléanais et orléanaises comme leurs élu-es et les médias ouvrent les yeux sur la réalité des alliances entre l’extrême droite et la bourgeoisie de droite orléanaise. Rappelons-nous que l’extrême droite ne s’affiche jamais en tant que telle et se déclare toujours simplement “de droite”.
Pour conclure cet article laissons la parole à Clairvie Quesne responsable de la relève à travers cet extrait d’un article consacré au groupe par La République du Centre.
Des antifascistes et des artistes drags posent ensemble en soutien à Maja lors de la soirée Freakshow à Orléans.
Maja est un·e antifasciste allemand·e qui a été inculpé·e dans l’affaire de Budapest comme une quinzaine d’autres antifacistes soupçonné·es d’avoir commis des violences envers des militants néonazis. Cela aurait eu lieu lors du « jour de l’honneur », un défilé qui réunit chaque année à Budapest des milliers de fascistes venus du monde entier.
C’est donc en raison de leur opposition aux idées et aux violences des néonazis que Maja et 17 autres antifascistes ont été poursuivi·es de manière inédite par la Hongrie via des mandats d’arrêts européens. Parmis elleux, la militante italienne Ilaria Salis, avait été arrêtée puis jugée en Hongrie. Risquant jusqu’à 11 ans de prison, elle a subit de nombreuses violations de ses droits fondamentaux durant son incarcération. Heureusement, grâce à la mobilisation et sa popularité en Italie, Ilaria a été élue député européenne et bénéficie désormais de l’immunité parlementaire. Deux autres antifascistes inculpés dans la même affaire, Gino et Gabriele, ont eux bénéficié d’un refus d’extradition des tribunaux français et italiens.
Maja, iel, n’a pas pu échapper à l’extradition, il y a plus d’un an, par l’Allemagne vers la Hongrie. Une procédure qui a depuis été déclarée illégale par la cour constitutionnelle allemande en raison des conditions carcérales en Hongrie et des mesures anti-LGBT+ sous le gouvernement Orbán, sans que malheureusement cela ne change quoi que ce soit !
En février 2025, Maja comparaît avec des chaînes devant un tribunal à Budapest, affirmant : « Je suis poursuivi·e par un État européen en raison de mon engagement antifasciste ». Iel se voit proposer un accord par la justice hongroise : une peine de 14 ans de prison pour une reconnaissance de culpabilité. Après avoir refusé le deal, Maja a déclaré à la barre : «Je suis donc ici, enchaîné·e et accusé·e dans un pays pour lequel je n’existe pas en tant qu’être humain non binaire. (…) Et si je suis ici aujourd’hui, c’est parce qu’il y a huit mois, j’ai été enlevé·e et extradé·e ici par un acte illégal, par un pays dont la constitution promettait de respecter et de protéger ma dignité». Iel risque aujourd’hui jusqu’à 24 ans de prison.
Depuis le début de son incarcération, il y a bientôt 13 mois, Maja subit les mêmes traitements inhumains qu’Ilaria Salis avant iel : placement à l’isolement, vidéosurveillance continue de sa cellule, port de menottes permanent en dehors de sa cellule, contrôle visuel chaque heure y compris la nuit de sa cellule par les gardiens qui allument la lumière, cellule infestée de punaise de lit et cafards, exposition insuffisante à la lumière du jour…
Pour protester Maja a commencé le 4 juin une grève de la faim, a demandé à être assigné·e à résidence en Allemagne et à pouvoir participer aux procès depuis son domicile.
Cette grève de la faim a duré 40 jours et à conduit à son hospitalisation. Maja y a mis fin la semaine dernière pour ne pas risquer de séquelles graves. Par cette grève de la faim iel a attiré l’attention sur l’affaire et de nombreuses mobilisations de soutien ont lieu chaque jour, surtout en Allemagne. La vague de soutien et les mobilisations sont sans aucun doute ce qui a obligé le ministère des affaires étrangères allemand à envoyer une délégation en Hongrie pour des négociations sur les conditions de détention de Maja.
En France aussi nous devons nous montrer solidaires et faire pression pour exiger la libération de Maja et son retour chez iel, en Allemagne.
L’antifascisme n’est pas un crime ! Faisons front avec toutes celles et ceux poursuivi·es, violenté·es ou emprisonné·es pour leur lutte contre l’oppression et la domination !
Liberté pour Maja ! Liberté pour tous les antifas !
L’Instagram de Thibau Congnet et une story prouvant qu’il s’agit de son compte personnel
Nous avons pu avoir accès au contenu du compte Instagram personnel de Thibau Congnet le néonazi auteur des collages islamophobes qui ont récemment fait les gros titres à Orléans.
Il se nommait ferange.ss en mars 2025 et a changé son nom entre temps en ferange.chlmg.Une référence explicite aux SS puis à Charlemagne, vraisemblablement pour la division SS Charlemagne (à moins qu’il ne soit fan des rois capétiens).
En mars, sa photo de profil était la photo d’un militaire nazi, il a ensuite opté pour une photo de lui avec un t-shirt « Good Night Left Side » acheté sur le site néonazi Black Sun & Co et des gants de boxe.
Les différents aspects du compte Instagram de Thibau
Si nous étudions son compte de plus près, que voyons-nous ?
– Des lectures diverses et variées (Sur des collaborationnistes et SS comme Léon Degrelle, le journal pétainiste Rivarol…)
– Une réflexion sur comment allier nazisme et catholicisme
– Une vidéo postée en story dans laquelle il est vêtu d’un t-shirt au nom de sa brigade et où il colle un sticker sur une affiche du GAGL (association LGBT+ loirétaine).
– Des entrainements de boxe au Cloitre Saint-Aignan posté dans des story à la une avec le logo de son groupe. Thibau porte aussi des vêtements issus d’un site néonazi, pose avec un drapeau de la division SS Charlemagne et s’entraîne aux côtés d’une personne portant un tee-shirt de Tenesoun un groupuscule néofasciste.
Un militant RN et un assistant parlementaire d’une députée loirétaine suivaient ce compte ouvertement néonazi
Parmi les personnes suivant le compte de Thibau C. on trouvait notamment Maël Bidault, membre du RNJ, proche de la candidate RN à la mairie d’Orléans Tiffanie Rabault, passé par le conseil régional de la jeunesse et membre de l’association Unis pour Fleury (association du RN en vue des municipales).
Maël Bidault et Tiffanie Rabault tractant sur un marché loirétain en 2024
Cris Pajon a aussi suivi le compte pronazi de Thibau. Cris Pajon a milité pour Éric Zemmour et Reconquête en 2022. Il vit de la politique et a une image très lisse sur ses réseaux. Il participe régulièrement à des événements de l’association Orléoquence (que nous avions déjà dénoncé) et depuis octobre 2024 il était l’un des assistants parlementaires de la député loirétaine Constance de Pélichy (droite, ex-LR).
Cris Pajon était un des assistants parlementaires de Constance de Pélichy député de la circonscription de Gien
Nous ne pouvons pas savoir si ces deux militants ont suivi ce compte Instagram directement lié à la “Brigade Puaud” en appréciant sa photo de profil, son nom et son contenu nazi ou bien si ils étaient déjà amis avec Thibau en dehors d’Instagram.
On remarque cependant qu’ils ne suivaient pas le compte de la Brigade Puaud, peut-être car cela les aurait trop exposé politiquement contrairement à un compte privé ?
Quoi qu’il en soit ces deux personnes investies en politique ne peuvent pas dire qu’elles ne savaient pas. Le compte Instagram de Thibau est ouvertement néonazi (par son nom, ses photos et son contenu) et cela ne laisse pas la place au doute.
Malgré les tentatives de dédiabolisation du RN, le parti fondé par un ancien Waffen SS et des collaborationnistes n’a visiblement pas coupé les liens avec l’antisémitisme et la fascination pour le nazisme.
Constance de Pélichy, qui doit son élection avant tout au « barrage » face à une candidate RN, emploie dans son équipe une personne qui a milité pour Eric Zemmour et est en lien avec un nazi.
L’union des droites rassemble visiblement très large dans le Loiret, des néonazis aux anciens « républicains ».
Thibau et sa « brigade » toujours actifs
Après son passage en garde à vue, où il a reconnu les faits selon plusieurs articles de presse, Thibau et sa brigade restent actifs en attente du procès qui doit se tenir le 16 juin.
En effet ces derniers jours nous avons pu constater que des stickers Brigade Puaud avaient de nouveau été collés, notamment près du lycée Monod. Le compte de la “brigade” est toujours alimenté avec de nouvelles storys.
De plus le compte “Brigade Puaud” s’est permis de harceler des personnes opposées à ses idées en affichant publiquement leurs photos dans ses storys.
Dans cette story de la Brigadede Thibau où il conteste avoir reconnu les faits on retrouve de nouveau un imagerie nazie.
En arrière-plan, nous retrouvons un défilé de la LVF (Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme) qui ont combattu aux cotés des nazis sur le front de l’Est.
Plus grave encore il y a quelques jours Thibau s’en est pris à un militant socialiste qu’il a croisé par hasard en pensant s’en prendre à notre groupe.
Il a suivi cette personne pendant un long moment avant de la menacer en la filmant et de poster la vidéo sur son compte Instagram privé.
Vidéo des menaces de Thibau envers un jeune socialiste postée sur son compte Instagram personnel.
Le 9 juin un grand rassemblement unitaire antifasciste aura lieu à Montargis pour s’opposer au meeting de l’extrême droite européenne organisé le même jour non loin de là à Mormant-sur-Vernisson. Une manifestation aura lieu le matin au départ de la sous-préfecture puis un village antifasciste se tiendra toute l’après midi place du Pâtis à Montargis. Le village antifasciste se tiendra de 12h à 19h, vous y trouverez de quoi vous restaurer et boire, des stands pour rencontrer les différentes organisations ainsi qu’une librairie et une grande scène. Des concerts ainsi que des interventions de politiques, de chercheur-euses et de militant-es sont prévus tout au long de l’après midi. Retrouvez le programme complet ci-dessous.
10h30-12h : Manifestation dans Montargis, départ de la sous-préfecture
12h : Ouverture du village antifasciste place du Pâtis à Montargis
12h30-14h40 : Prises de paroles politiques et associatives
13h45-14h15 : Table ronde Ecologie et extrême droite avec Antoine Dubiau géographe et auteur du livre “écofascismes”, Vincent Gay sociologue et membre d’ATTAC, Laurence agricultrice bio dans le Loiret.
14h30 : Concert Irracible rappeur parisien aux multiples facettes : du boom bap à la trap en passant par de la fusion punk rap, tantôt contestataires, tantôt introspectifs et toujours interprétés avec beaucoup d’énergie en live.
15h-15h45 : Table ronde Discours, empires médiatiques et luttes contre l’extrême droite en Europe avec Ugo Palheta sociologue et spécialiste de l’extrême droite, Amélie Poinssot journaliste et autrice du livre “Dans la tête de Viktor Orbàn”, Edwy Plenel journaliste et fondateur de médiapart et Mehdi Lallaoui réalisateur et écrivain antiraciste.
15h45 : Dragshow assuré par la Coopérative Drag association orléanaise queer artistique et militante pour les droits LGBTQIA+
16h30-17h15 : Table ronde Femmes et personnes LGBT+ en ruralités avec Pauline Ferrari journaliste indépendant spécialiste des questions de genre, Sarah Durocher présidente du Planning Familial, Essé Messan militante du collectif “Les Voix Eclairées”
17h15 : Concert de Gatien. Fusionnant musique électronique et textes tantôt absurdes, politiques et poétiques, Gatien défend une pop DIY. Sur scène avec ses machines, il aime tisser une relation particulière avec son public afin que ses concerts soient l’occasion de danser,chanter, rire, pleurer et se révolter en communion.
17h40 : Concert de Neniu chansons pour animaux bipèdes.
18h15 : Concert de Planète Boum Boum collectif techno-activiste mêlant beats électro, ambiances de manifs et textes engagés et décalés.
Viktor Orban, Santiago Abascal et Marine Le Pen seront tous les 3 présents le 9 juin aux côtés d’autres dirigeant du groupe d’extrême droite « Patriotes pour l’Europe ».
Il y a quelques semaines le RN annonçait la tenue d’un meeting le 9 juin, à Mormant-sur-Vernisson, près de Montargis dans le Loiret.
Ce meeting nommé « Fête de la Victoire » est censé célébrer les bons résultats du RN aux élections européennes. Le parti l’organise en partenariat avec son groupe au parlement européen « Patriotes pour l’Europe » qui réunit des partis d’extrême droite de 14 pays européens.
Au côtés de Marine Le Pen et Jordan Bardella, plusieurs hauts responsables politiques de l’extrême droite européenne sont invités :
Viktor Orbán (Premier ministre hongrois), Santiago Abascal (président de Vox et de Patriots.eu), Matteo Salvini (vice-premier ministre italien) ou encore Geert Wilders, tête du parti d’extrême-droite aux Pays-Bas.
Nous vous proposons aujourd’hui un rapide résumé de leurs profils.
Viktor Orbán
Viktor Orban premier ministre de la Hongrie
Premier ministre hongrois de 1998 à 2002 et de nouveau à ce poste depuis 2010 Viktor Orbán est un homme d’extrême droite qui a surfé sur l’opposition au communisme. Au cours de son cinquième mandat, Viktor Orbán multiplie les lois restreignant les libertés publiques et renforçant le contrôle de l’Etat sur la société civile, certaines de ces mesures visant particulièrement les journalistes.
En avril 2025, il fait adopter une série d’amendements constitutionnels visant les personnes LGBT+ et facilitant la suspension de la citoyenneté pour les binationaux.
Il fait également adopter une loi interdisant la marche des fiertés. Viktor Orbán est ouvertement pro-russe et utilise le droit de véto de la Hongrie dans les instances de l’Union Européenne pour empêcher l’aide à l’Ukraine et les sanctions contre la Russie.
En mai 2025, le parti d’Orbán dépose un projet de loi dit « sur la transparence de la vie publique » qui permettrait d’interdire tout parti politique, média ou organisation considérés comme « menaçant la souveraineté nationale » en raison de financements étrangers.
Vikor Orban est même allé jusqu’à déclarer « Nous ne voulons pas être une race mixte » ce qui a poussé une de ses proches conseillères à démissionner en dénonçant un « pur texte nazi digne de Goebbels », l’ancien chef de la propagande de l’Allemagne nazie.
En 2022, un proche de Viktor Orban, dirigeant une banque hongroise (MBH), accorde à Marine Le Pen un prêt de 10,5 millions d’euros pour sa campagne présidentielle.
Santiago Abascal
Santiago Abascal député et président du parti d’extrême droite « Vox »
Député depuis 2019 et président du parti d’extrême droite espagnol « Vox », Santiago Abascal est issu d’une famille franquiste. Abascal est obsédé par l’immigration. Il propose notamment l’expulsion de tous les immigrés illégaux ou encore la construction de « murs infranchissables » dans les enclaves espagnoles d’Afrique de Ceuta et Melilla.
Abascal est également pour l’interdiction de l’enseignement de l’islam, pour l’exaltation des « héros nationaux », la fin des subventions à tous les organismes féministes, et la suppression des parlements régionaux en opposition aux séparatismes catalan ou autres.
Il intervient pour qu’une rue de Madrid conserve le nom de José Millan-Astray, un général franquiste de haut rang, responsable de crimes de guerre pendant la guerre du Rif et dirigeant la propagande franquiste pendant la guerre civile espagnole.
En 2019, il déclare que les défenseurs de l’œuvre de Franco ont tout à fait leur place au sein de Vox.
Abscal fait de la lutte contre le féminisme — qu’il qualifie de « féminazisme »— l’une de ses priorités.
Hostile à la politique de lutte contre les violences de genre, il estime que les hommes sont stigmatisés par les féministes.
Climato-négationniste, il soutient que le réchauffement climatique est la « plus grande escroquerie de l’histoire »
Matteo Salvini
Matteo Salvini vice président du conseil des ministres du gouvernement d’extrême droite italien de Giorgia Meloni
Vice président du conseil des ministres du gouvernement d’extrême droite Italien de Giorgia Meloni, Matteo Salvini est lui aussi obsédé par l’immigration. Il jouit d’une grande popularité en Italie grâce à son populisme combiné à une utilisation habile des réseaux sociaux. En bon facho il adore poser avec des armes à feu.
L’historien Nicolas Lebourg remarque que Matteo Salvini a laissé de côté la « Padanie », région imaginaire fantasmée au sein de son parti La Ligue, « pour se concentrer sur une opposition franche à l’immigration, à l’islam, à l’Union européenne, aux Roms et aux réfugiés qui débarquent dans le Mezzogiorno depuis 2007 ».
Salvini est ainsi connu pour empêcher les navires humanitaires d’accoster dans les ports italiens, ce qui a donné lieu à plusieurs poursuites judiciaires à son encontre.
Enfin, il brandit des chapelets en conclusion de certains de ses discours et multiplie les clins d’œil implicites à Benito Mussolini.
Geert Wilders
Geert Wilders dirigeant du « Parti pour la liberté » un parti d’extrême droite néerlandais
Dirigeant du parti d’extrême droite néerlandais « Parti pour la liberté » qu’il a fondé en 2006, Geert Wilders est surtout connu pour être un populiste qui tient régulièrement des discours particulèrement islamophobes et anti-immigration. Il a été condamné par la justice à plusieurs reprises suite à des propos discriminatoires envers la communauté marocaine.
Célèbre également pour son euroscepticisme et ses relations avec la Russie et Israël, Wilders et son parti le PVV condamnent verbalement l’invasion russe en 2022, mais Wilders se prononce ensuite contre l’aide militaire à l’Ukraine.
En 2023 la télévision d’État russe présente la victoire aux législatives de Wilders comme bénéfique pour la Russie.
Wilders revendique des liens étroits avec le Mossad israëlien, il voulait dans un premier temps émigrer en Israël et y a d’ailleurs travaillé.
Élu député, il soutient le gouvernement d’extrême droite Israëlien et fustige les pays qui lui sont hostiles. Il continue de s’y rendre après son élection, accompagné d’autres élus de son parti.
Il se prononce contre la restitution des territoires palestiniens occupés par Israël, en échange de la paix, et se prononce pour le départ volontaire des Palestiniens en Jordanie.
Voilà donc les partenaires que le RN s’est choisi. Cela démontre à nouveau le projet raciste, sexiste et autoritaire du Rassemblement National.
Ce parti nauséabond, issu d’un ancien SS etde collaborationnistes, cultive ses amitiés avec d’autres nostalgiques du fascisme.
L’internationale fasciste existe bel et bien et les régimes d’extrême droite sont de plus en plus nombreux en Europe et à travers le monde, ces régimes autoritaires voire dictatoriaux s’organisent et se financent mutuellement.
Nous serons donc présent·es le 9 juin à Montargis pour un contre-évènement antifasciste et progressiste aux côtés du mouvement social montargois et d’invité·es venu·es de tout le pays.
A nous de nous organiser et de riposter pour faire exister une véritable contre offensive internationaliste face à l’extrême droite.