À Orléans le PS se rend à la manifestation d’extrême droite appelée par Alliance en soutien à la police

Ce samedi 31 janvier 2026 avait lieu à Orléans un rassemblement de soutien aux policiers, une déclinaison d’un appel national organisé par le syndicat policier d’extrême droite Alliance.

Nous n’avons pas été surpris d’y voir des tracteurs de la Coordination Rurale, un autre syndicat d’extrême droite, ni d’y trouver les fémonationalistes de Némésis ainsi que Tiffanie Rabault, la candidate du RN aux municipales.

Tous ces groupes partagent une même idéologie d’extrême droite.

Ce qui est plus inquiétant, c’est la présence de Baptiste Chapuis, candidat PS aux municipales qui prétend diriger une liste d’union de la gauche.

Baptiste Chapuis (au milieu avec son écharpe d’élu) dans la manifestation Alliance. Photo France Bleu

Ce candidat choisit donc de s’afficher avec son écharpe d’élu aux côtés des policiers, quelques jours après la mort de El Hacen Diarra dans un commissariat à Paris. Ce candidat marche à leur côté alors que de nombreuses vidéos documentent régulièrement des violences policières systémiques.

Le syndicat Alliance qu’il choisit de soutenir en participant à leur mobilisation est clairement marqué à l’extrême droite, rappelons rapidement quelques-unes des déclarations de leurs porte-paroles :

– « La sécurité des policiers va au-delà de la liberté de la presse »

– « Le problème de la police, c’est la justice »

– « Marre des raclures, des nuisibles, des jeunes d’origine étrangère »

– dans un communiqué commun avec l’UNSA suite à l’assassinat de Nahel Merzouk, ils se disent « en guerre » contre des « nuisibles »

Le maire actuel d’Orléans a déjà fait de la ville un laboratoire sécuritaire avec une police municipale et nationale omniprésente, Orléans est aussi dans le haut du classement des villes les plus vidéosurveillées de France.

Bruno Retailleau a été invité l’année dernière à Orléans par Serge Grouard qui lui a fait passer en revue les effectifs policiers bien fournis de la ville. Photo France Bleu

Mais alors pourquoi ce candidat était-il présent à un rassemblement réclamant plus de moyens alors même qu’à Orléans on voit passer des voitures de polices toutes neuves à longueur de journée ?

La réponse se trouve sans doute dans l’émission du 28 octobre 2025 de l’émission « à bâtons rompus » sur Radio Campus Orléans.

Baptiste Chapuis y déclarait déjà que « il n’y a pas assez de policiers nationaux aujourd’hui ». Il nous resservait le mythe de la nécessité d’une police municipale de proximité et se déclarait opposé à désarmer la police ou à retirer des caméras de vidéosurveillance.

Face à la police ne croyons pas que la gauche sera notre alliée, le PS refuse régulièrement d’employer les termes de « violences policières » et déclarait en 2023 « ne pas croire à l’existence d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre ».

Quand il était au gouvernement, le PS n’a pas hésité lui aussi à réprimer violemment les mouvements sociaux, ce qui a d’ailleurs provoqué la mort du militant écologiste Rémi Fraisse.

L’institution policière n’est là que pour réprimer les contestations et maintenir les structures de domination. Pour se faire elle n’hésite pas à commettre des violences et même à tuer.

Ce que nous devons viser ce n’est ni une augmentation des effectifs, ni une police de proximité. Ce que nous demandons c’est l’abolition totale de la police.