Un hommage à un pédocriminel et assassin d’enfants dans la cathédrale d’Orléans

Photo du blason de Gilles de Rais installé dans la cathédrale d’Orléans lors des fêtes de Jeanne d’Arc

Nous avons récemment été avertis que le blason de Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’arc condamné notamment pour avoir assassiné et violé des enfants, figurait toujours dans la cathédrale d’Orléans.

Nous nous sommes rendus sur place et en effet un hommage lui est rendu puisque son blason accompagné de son nom y figure toujours en très grande taille entourés de 9 drapeaux à ses couleurs.

Si Gilles de Rais est connu pour être un compagnon de Jeanne d’Arc ayant participé à la libération du siège d’Orléans, les personnes qui se sont chargées de rechercher les blasons et d’installer cet hommage ne peuvent ignorer les accusations et les condamnations pour viols et meurtres d’enfants dont Gilles de Rais fait l’objet.

En effet avec une rapide recherche internet sur Gilles de Rais on trouve qu’en octobre 1440, il est jugé par le tribunal inquisitorial pour les meurtres de « cent quarante enfants, ou plus ». Les juges séculiers du duc de Bretagne le condamnent à la pendaison et au bûcher pour son coup de force perpétré à Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre.

Le 26 octobre 1440, il monte à l’échafaud avec deux de ses serviteurs coupables d’assassinats.

Depuis le XXème siècle quelques personnes avancent la thèse de l’innocence de Gilles de Rais, cette thèse est qualifiée de complotiste par plusieurs historiens, dans leur majorité les historiens ne remettent pas en cause la culpabilité de Gilles de Rais.

Alors que fait le blason d’un meurtrier pédocriminel au milieu de la cathédrale d’Orléans à la droite du Christ ?

Est-ce un exemple à suivre selon l’église ?

Cet hommage choquant nous rappelle évidemment les traitements lamentables des violences sexistes et sexuelles au sein de l’Eglise et ces 3 exemples médiatisés récents :

– Dissimulation des agressions sexuelles et des viols de l’abbé Pierre sur des femmes et des mineurs alors que le Vatican savait depuis 1955.

– Promotion d’un prêtre condamné pour viol par l’archevêque de Toulouse (une décision depuis dénoncée par les évêques de France)

– Affaire Bétharram qui a révélé des agressions sexuelles et châtiments corporels au sein d’un établissement catholique « on savait des choses et on les cachait, mais pas que dans l’Église » a déclaré l’évêque de Bayonne

On peut se réjouir de la création d’une cellule « Ecoute et blessures » chargée de recueillir les témoignages de violences sexuelles commises par des responsables de l’Eglise au sein du diocèse d’Orléans.

Mais comment expliquer que malgré la création de cette cellule il y a 10 ans un pédocriminel et meurtrier avec des dizaines de victimes soit encore mis en avant dans la cathédrale, le principal édifice religieux du diocèse ?

Comment les victimes actuelles d’actes pédocriminels commis au sein de l’Église peuvent-elles libérer leurs paroles lorsque l’institution continue de commémorer le souvenir d’un violeur d’enfants ?

Dans le cas de Gilles de Rais tout le monde sait depuis 1440, alors combien de siècles encore avant que l’Église décide de ne plus lui rendre hommage ?